« Kuuki wo yomu », qui veut dire « Savoir saisir l’ambiance » en langue nippone. Un adage que Kumisolo n’a eu aucun mal à mettre en pratique à la Maison Sonos, où elle est venue présenter son nouvel album « Kabuki femme fatale ». Au programme : un showcase acoustique, un cours de cuisine pour confectionner des Onigiri (sorte de boulette de riz enrobé d’algues) et la présentation de son nouveau clip video « Pop Girl ». Rencontre.

 

Kumisolo joue de la flûte

 

Dans « Kabuki femme fatale », tu as choisi de t’exprimer dans la langue de Molière, alors que tu es japonaise. Pourquoi ?

Le français est une belle langue que j’ai apprise au Japon. Je suis fascinée par la culture française et européenne. Je suis venue en France pour suivre des études de cinéma à Paris, et je n’ai jamais pu repartir.

 

Cet album tire son nom du Kabuki, genre épique de théâtre japonais dans lequel les hommes se déguisent notamment en femme. Les titres de « Kabuki Femme Fatale » seraient-ils finalement les scènes d’une pièce de théâtre mettant en lumière les multiples facettes d’une femme multiculturelle ?

Dans chacun des titres, je raconte une histoire différente, avec une teinte particulière. Mes chansons sont comme un rêve vécu. Dans « Ping Pong Machine », je m’imagine en Ai Fukuhara, la célèbre pongiste japonaise, très rigoureuse et forte, qui n’hésitait pas à pleurer lorsqu’elle perdait un match. J’évoque aussi l’aspect maternelle dans « Tous les jours », une chanson où l’on entend la voix et le rire de ma fille Miyo. Quant à « Jungle lady », c’est une sorte de femme qui vit dans un monde de jeux vidéo. Lorsque je travaille chez moi, tout part d’une mélodie. Ensuite, des amis déchiffrent ce que je veux raconter. Comme Zoé Wolf, qui faisait partie de mon ancien groupe The Konki Duet.

 

Cet album est aussi né d’une rencontre suédoise …

Tout à fait ! Le groupe Joe Davolaz a fait les arrangements à Stockholm. Ces Suédois ont une couleur très « exotica ». Ils font beaucoup de prise de son et d’ambiance. Ils utilisent la réverbération naturelle, avec des effets plus psychédéliques. Ce sont eux qui ont donné une couleur très sixties à « Kaburi Femme Fatale ».

 

Fleurs et Play: 5 sur la table du Kumisolo.

 

Tu es une adepte de cuisine. Ecoutes-tu de la musique lorsque tu prépares des petits plats ?

Je fais effectivement beaucoup de cuisine. Le plus souvent, j’écoute la radio ou alors je découvre des nouveautés musicales. Ce soir j’ai préparé des onigiri pour la soirée à la Maison Sonos : des boulettes de riz avec de l’algue autour, et des inari sushi, une sorte de chausson de tofu frit fourré au riz blanc avec du vinaigre de riz et du sésame.

 

Comment la musique t’influence-t-elle au quotidien ?

J’ai beaucoup d’influences : les Français Elli et Jacno, Françoise Hardy, le groupe belge Antena ou encore Yellow Magic Orchestra, une formation japonaise de synthpop. J’ai toujours beaucoup écouté de musique, principalement dans le salon. Mon compagnon achète régulièrement des vinyles et j’en profite. Il y a aussi mon bureau, avec mes instruments de musique, où je réécoute mes propres productions. Depuis peu, j’écoute beaucoup de titres sur mon enceinte Sonos, posée dans l’entrée de mon appartement. Avec cet appareil, je n’ai pas besoin de faire de branchement. C’est super, car il y a toujours une tonne câbles avec mes instruments, qui trainent dans tous les coins de la maison. Mais grâce à la connexion en wifi, cette contrainte s’est évaporée. On se sent plus libre d’écouter de la musique où on veut.

Kumisolo discute de la musique sur la nourriture.En tant que japonaise, es-tu une adepte du design minimaliste ?

Je suis assez proche du Feng Shui. C’est pour cela que ce soir, j’ai apporté des tulipes, pour la distribution d’énergie. Je trouve d’ailleurs que la décoration de cette maison Sonos est assez bien imaginée. La couleur des murs de la cuisine est proche de celle de la chambre de ma fille. Après, j’aime bien Acne Studios ou les luminaires de Vincent Tordjman.

 

La qualité sonore est-elle décisive pour écouter de la musique ?

C’est même indispensable ! Je ne peux plus écouter de sons compressés en mp3. Et il est important d’écouter de la musique avec des appareils de qualité. Sur les enceintes sans fil Sonos, le son est vraiment profond. On ne se doute pas, d’ailleurs, qu’une si petite enceinte comme le PLAY:1 puisse avoir autant de coffre. Elle restitue vraiment toutes les variations et les subtilités des titres joués.

 

Comment partages-tu tes coups de cœur musicaux ?

J’adore faire des playlists, pour mes proches et pour moi-même. Je fais aussi des mixtapes pour l’émission que j’anime sur Rinse France deux fois par mois. Je suis toujours en quête de nouveaux titres à écouter, en farfouillant notamment sur la toile, ou en piquant les musiques que me partagent mes amis et mes proches. Quand je m’y colle, les musiques choisies ont toujours un lien avec les saisons. Pour le printemps, on pourra par exemple écouter Free design, un groupe des années 60, et son titre « Kites are fun ». A découvrir, avec beaucoup d’autres, dans la playlist faite pour la Maison Sonos, à l’occasion de la présentation de mon album « Kabuki Femme Fatale ».

 

Propos recueillis par ©Julien Bouisset
Photos par ©Pierre Lucet-Penato