C’est une semaine mouvementée qui s’achève pour Hanni El Khatib. Entre la sortie de son nouvel album, Savage Times (le 3 mars) et le lancement de la collection de vêtements qu’il a imaginée pour HUF, c’est peu dire que le rockeur californien a un planning chargé. Ses cordes vocales sont fatiguées, mais lui est heureux d’être à la Maison Sonos.

Bien calé dans un canapé, au milieu du pop-up store qu’il a installé ici le temps d’un week-end, Hanni se sent visiblement chez lui. Il nous parle de son album, des playlists qu’il aime créer, et de son rapport, libre et brut, à la création.

 Hanni El Khatib se couche avec des albums et PLAY: 1

 

Peux-tu me raconter l’histoire de cet album, Savage Times : comment l’as-tu conçu ?

Je ne l’ai justement pas conçu. Je n’avais pas prévu qu’il prenne cette forme. J’avais du temps libre, et je voulais juste en profiter pour aller en studio et enregistrer des chansons. Le but n’était pas de faire un album qui suive un concept en particulier, mais seulement de créer des chansons que je sortirais immédiatement après les avoir enregistrées. J’ai enregistré plusieurs EP dans cette optique, avant de les réunir dans cet album – avec des compositions originales. Mais il n’y a pas de continuité entre les différents EP qui forment Savage Times.

 

Où as-tu composé puis enregistré les chansons ? 

J’ai composé et enregistré la plupart des chansons dans le studio de Jonny Bell, Jazzcats, qui se trouve à Long Beach, en Californie. J’ai globalement composé l’album tout seul, avec mes instruments, et l’aide ponctuelle de Jonny Bell, qui est producteur et frontman de Crystal Antlers, un groupe de rock. J’ai enregistré chaque instrument moi-même, même s’il y a des musiciens qui m’accompagnent sur scène. Je travaille toujours seul, sauf pour Head in the Dirt, mon 2e album, que j’ai imaginé avec Dan Auerbach, le chanteur de Black Keys.

 

L’album est très varié, à tel point qu’il peut faire penser à une playlist. Dirais-tu que tu es quelqu’un d’éclectique ? 

J’écoute tous les styles de musique. Je peux écouter Toro y Moi, puis un son disco des années 70. Pendant que je composais cet album, j’étais obsédé par la funk et la disco. J’écoute aussi beaucoup de rap. C’est exactement ce que je voulais, que l’album ressemble à une playlist. Je passe mon temps à découvrir et partager de la musique, avec mes amis, avec mes musiciens. Je fais beaucoup de playlists. Il y en a une que j’alimente régulièrement, pour le public : Savage Selects, sur Spotify. J’ajoute une dizaine de chansons, toutes les deux semaines environ.

 

Où fais-tu tes découvertes musicales ?

Je cherche tous les jours des choses nouvelles à écouter, sur internet. Tout le monde peut y mettre sa musique, de façon instantanée. Par exemple, il y a peu de temps, Travis Scott et Young Thug ont sorti une chanson pendant 24h. Au bout des 24h, elle a disparu. Mais je vais aussi très souvent chez des disquaires. J’achète encore des vinyles. Dans les bureaux du studio, on a le système Sonos : c’est très cool de pouvoir contrôler la musique de chaque pièce depuis un même endroit. Quand on aura rajouté le Sonos Connect qui relie les enceintes à la platine vinyle, on aura un système parfait !

 

Où écoutes-tu de la musique ?

J’écoute de la musique partout, tout le temps. Beaucoup quand je conduis, en Californie. Je teste le mixage de mes chansons dans la voiture, et sur mon ordinateur : si ça ne sonne pas bien, c’est que ça ne va pas. J’écoute aussi beaucoup de musique chez moi. J’ai une pièce consacrée à la musique, avec tous mes disques, mes instruments, ma platine vinyle… Je ne tiens pas en place, et je n’aime pas le silence.

 

Le processus créatif est-il le même pour la musique et les vêtements que tu as créés pour HUF ?

C’est exactement le même processus, la même inspiration, quoique je fasse : la musique, les vêtements, la photo… J’aime les vêtements. Je les collectionne, comme je fais avec la musique. Les vêtements, c’est fun, mais ils peuvent aussi porter un message. Notamment les tee-shirts : ce sont des panneaux d’affichage pour moi, ils disent quelque chose.

 

Pourquoi as-tu souhaité venir présenter ta collection à la Maison Sonos, où tu avais déjà sorti un EP cet automne ?

Il y a une bonne ambiance ici. Je me sens chez moi, c’est une vraie maison. J’aimerais bien y vivre ! Ma pièce préférée, c’est le salon. Le bureau aussi est cool, avec la platine vinyle et le petit balcon. Paris est un deuxième chez moi, au niveau musical. Je me sens davantage lié à cette ville qu’à New York, par exemple. J’ai ressenti ça dès que j’ai commencé à sortir mes disques ici : il y a une sorte de connexion. Mon souvenir le plus fou à Paris, c’est quand on a fait la première partie de Johnny Hallyday à Bercy, pendant trois soirs. C’était une expérience intéressante. Il a été adorable avec nous !