Entretien avec TAGi

C’est sous les douces lumières de la Maison Sonos, au chaud, que Sly Johnson, alias TAGi, a présenté pour la première fois son nouvel album, YOUARESURROUNDED. Sly est comme chez lui, entouré de ses amis, de musiciens et des journalistes qu’il a conviés. Sur les étagères, on aperçoit quelques uns de ses vinyles préférés, son casque audio et une de ses tables de mixage. Les morceaux de la playlist qu’il a créée pour l’occasion emplissent la maison de vibes chaleureuses et intimistes… Calé dans le canapé du salon, l’ancien membre de Saian Supa Crew, rappeur, beatboxeur et désormais producteur, nous a parlé de son album et de la façon dont il écoute de la musique.

TAGi, a présenté pour la première fois son nouvel album, YOUARESURROUNDED
TAGi, a présenté pour la première fois son nouvel album, YOUARESURROUNDED.


En tant qu’artiste, tu n’as cessé d’évoluer, de te réinventer : tu as un fil conducteur ?

Je fais des projets à chaque fois différents parce que je m’autorise les rencontres artistiques surprenantes, à contre-emploi par rapport à ce que je faisais avant. J’aime expérimenter. Le lien, s’il y en a un, c’est la musique hip-hop. Même si j’ai écouté principalement du jazz et de la musique afro-cubaine étant petit, même s’il y a des sonorités électroniques dans cet album, même si j’écoute pas mal de house, je suis un enfant du hip-hop.

Pourquoi cette envie de produire ?

Pour cet album, j’ai eu envie de concrétiser un rêve : celui de passer de l’autre côté de la barrière, derrière la caméra si on peut dire. J’ai toujours eu un grand respect et un grand amour pour les autres artistes, leurs univers, la manière dont ils entendent la musique. J’avais envie de me mettre à la place de leurs oreilles, et de leur proposer le meilleur écrin musical qui soit.

Les morceaux de l’album sont très variés : comment tu as travaillé ?

J’ai choisi les artistes de façon à avoir des couleurs différentes et une architecture musicale qui ne soit pas trop linéaire. Il y a de la soul avec Lisa Spada, le rap de Pumpkin, le hip-hop de Saga, un côté jazzy avec Elodie Rama… J’ai construit cet album en partant d’une intro, qui fait penser à l’espace. Depuis ce point de départ, on entre dans un monde, et petit à petit, en visitant, on découvre différentes sphères.

Tu as fait des playlists pour la Maison Sonos, tu as une émission sur Jazz Radio, tu es aussi DJ : c’est important pour toi, de partager la musique que tu écoutes ?

J’ai toujours été à l’affût, je cherche beaucoup, tout le temps. À l’époque du Saian, on m’appelait Monsieur Hip-hop. Je pense que j’ai fait découvrir énormément de choses au groupe, comme J Dilla par exemple. Je faisais des mix-tapes sur des cd, des cassettes même ! J’adore le fait de partager ces découvertes avec les autres. C’est le but de la Réunion Party, au DJOON, où je mixe avec DJ JP MANO : partager la musique avec le plus grand nombre de gens possibles, et le plus grand nombre de gens différents surtout. C’est quelque chose qui a toujours fait partie de moi, l’envie de découvrir, et le partage.

Tu découvres encore beaucoup de choses aujourd’hui ?

Tous les jours ! Récemment, je me suis pris une claque, à l’anniversaire de l’illustre violoniste Jazz Didier Lockwood qui a eu lieu au Théâtre des Champs-Elysées. Il avait invité pléthore d’artistes des plus géniaux dont cet accordéoniste incroyable, qui m’a fait aimer cet instrument auquel j’étais plutôt imperméable. J’aime bien me prendre des claques, ça fait évoluer ! Maintenant, avec internet et le streaming, on découvre des choses beaucoup plus facilement, auxquelles on n’aurait pas eu accès avant …

Tu écoutes de la musique en streaming ?

Je m’y mets doucement, sur Deezer. Ça permet d’avoir accès très rapidement à un nombre phénoménal de musique. Je traite la musique avec beaucoup de respect. Un matos de qualité comme Sonos, c’est primordial pour ressentir ce que l’artiste a mis dans sa musique. C’est physique… J’achète aussi des vinyles, mais moins qu’avant. Fut un temps j’en achetais vraiment beaucoup, 20 ou 30 par semaine. Faut que je les range, c’est le bordel. Mais 5000 vinyles à ranger… J’écoute de la musique sur tous les supports, ça dépend des moments.

A quel moment de la journée tu écoutes le plus de musique ?

La musique est tout le temps dans ma tête, notamment à cause du beatbox. Dès que je me lève, je fais des bruits, sans même m’en rendre compte. J’ai besoin d’être stimulé en permanence. Je suis toujours en recherche d’idées, d’autant plus maintenant que je produis. Même sous ma douche, il y a de la musique avec mon enceinte Play:1. Quand je suis en phase de création, la musique c’est quasiment du H24.

Tu as un endroit privilégié, chez toi, pour écouter de la musique ?

En ce moment, c’est dans ma chambre que j’écoute de la musique. En plus, c’est là que je travaille : j’y ai conçu, produit et mixé 100 % de mon album. Avant, c’était plutôt le salon, ça dépend. Je bouge mon enceinte Sonos comme je veux. Quand je peux, je mets la musique à fond, mais avec le système qui va bien ! Il faut qu’il y ait du matos. Je pense que je vais rendre fou les voisins. J’ai une voisine qui cogne aux murs parfois, même quand la musique n’est pas très forte. Écouter à fond, c’est un autre moyen que le casque pour bien se plonger dans la musique. Que ce soit dans la rue, au casque, ou chez moi, j’écoute la musique avec un tuba et un masque de plongée !

Propos recueillis par ©Jeanne Mayer – Chai Chai Films
Credits Photos – ©Pierre Lucet-Penato – Chai Chai Films

La Playlist de Sly Johnson durant cette soirée à #LaMaisonSonos :